TECHNIQUE

Il existe différents types de restauration applicables aux objets en céramique.

Elles sont de deux sortes : les restaurations réversibles et la restauration définitive.

Les restaurations réversibles peuvent, comme leur nom l’indique, être démontées. Il est à noter qu’elles nécessitent d’employer des produits chimiques qui interdisent l’utilisation alimentaire des objets après restauration.

-la restauration archéologique : pour les pièces céramiques mises au jour en fouilles, les tessons de la pièce sont recollés ensemble, les manques comblés avec un plâtre de schiste teinté d’une couleur différente des tessons originaux, afin de rendre la forme de la pièce sans en dénaturer l’état de découverte.

-la restauration muséale : elle consiste à restaurer la pièce  en recollant les tessons et comblant les manques avec un plâtre ou un mastic de même teinte que la terre ou l’email de la pièce. En cas de restauration totale du décor, on peut n’intervenir que sur l’endroit, afin de garder sur l’envers les traces de l’histoire de l’objet. Cette technique s’utilise pour les pièces de musée, de collection ou de particuliers.

-la restauration illusionniste : elle consiste à restaurer la pièce de la manière la plus invisible possible, afin de masquer totalement la cassure et/ou les manques. Elle s’utilise pour tous types de pièces.

Exemple de restauration illusionniste sur deux manques sur le rebord d’une tasse

La restauration définitive est la seule à permettre de réutiliser l’objet de manière alimentaire, les matières employées étant naturelles et absolument inertes après séchage.

Cette restauration s’effectue avec la technique japonaise ancestrale du kintsugi, « réparation à l’or », qui utilise la laque, issue de la sève d’un arbre (Rhus verniciflua, urushi en japonais), afin de recoller les tessons entre eux. Elle nécessite un temps de séchage de sept jours entre chaque étape, à une température et une hygrométrie particulières. Une fois la pièce recollée, la cassure et les manques ne sont pas masqués mais au contraire mis en valeur et soulignés à l’aide d’un trait ou d’application de laque. Le trait de laque peut soit être laissé brut, on parle alors de urushi tsugi, recouvert de poudre d’or, de kintsugi, ou de poudre d’argent, de gintsugi. On peut bien sûr utiliser des poudres métalliques de substitution à ces métaux précieux.

Le kintsugi et ses variantes relèvent de la philosophie japonaise du Wabi-Sabi, qui amène à découvrir la beauté dans les choses les plus simples et dans leur irrégularité, laquelle en fait des objets uniques.

Dans cette pensée, le fait d’être brisé ne fait pas de l’objet un rebut, mais entre au contraire dans l’histoire de celui-ci, dans son vécu. Les lignes créées par les cassures dessinent le « paysage », elles peuvent même se continuer en un dessin particulier ajouté par l’artisan. Ce paysage est comme les rides d’un visage, la trace de son vécu, de son histoire. La cassure ne détériore pas l’objet mais le magnifie.

La technique du kintsugi nécessite des précautions particulières et une grande concentration, en raison du caractère très allergène de la laque. Tous les matériaux ainsi qu’une grande partie de l’outillage doivent être importés du Japon.

Cette technique permet aussi de restaurer les objets en bois et en verre.

Cruche en faïence restaurée avec la technique du kinstugi